Ce que nous ne sommes pas

Le progrès n’efface jamais le paysage il sait collaborer avec lui. Habiter le temps. Cultiver les futurs. Rendre le monde habitable. C’est un observatoire de la nature. Des technologies. Des étoiles. De la pluie. Des silences. Tout est digne d’attention. Et c’est précisément ce que fait la culture, elle apprend à regarder.

Le merchandising : pas des mugs, des objets d’expédition. Une gourde gravée. Un crayon de charpentier, une carte pliée, une loupe, une boussole, un foulard, une cape… Des couleurs naturelles et la seule couleur vive pour la signalétique : Rouge-orangé. Orangé-jaune.

Le lieu devrait avoir ses propres documents : pas de flyers. Archives des futurs. Manuel des sentiers. Passages. Répertoire des arbres remarquables. Catalogue des gestes. Atlas de l’Atma. Il ne ressemble pas à un chalet de départ de randonnée ou un office de tourisme. Mais à une base d’expédition archéologique (ou dans les souterrain), avec un râtelier de salopettes cirées-waders suspendu au plafond qu’on descend par une poulie. Un tableau de signalétique vintage à l’entrée sur le règlement de circulation dans l’Atma (pas de feu, pas de déchets…).

Les Galeries ne communiquent pas (pas de RS, par ex @hauteclaireofficiel y renverra seulement quand il s’y passe un événement, une rencontre, pour se donner « rendez-vous aux Galeries » en mode l’endroit mystère où tout le monde redirige, un lieu souterrain, qui agit en sous-marin, dans les couloirs parallèles de ce monde, comme des espaces techniques dans une dystopie dont le monde d’en haut n’est pas au courant mais sans qui il arrête de tourner). Les Galeries publient des relevés de terrain, des bulletins, des catalogues, des inventaires. Des traces. (voir le musée du Jurassique à SF qui fait exprès de ne pas communiquer ni montrer ce qu’il s’y passe et qui est toujours plein à craquer de ce fait).

Elle n’a pas de branding car elle est la cosmologie locale. Quels objets ont de la valeur ? Qu’est-ce-qu’on transmet aux enfants ? Qu’est-ce qui mérite d’être conservé ? Qu’est-ce qu’on célèbre ? C’est un organisme qui veille sur ce qui rend le territoire habitable. Une randonnée n’est plus un loisir, c’est un relevé de terrain. Un atelier n’est plus une activité mais une transmission de protocole. Les randonneurs sont des sentinelles attentives au monde qui les entourent qui font des rapports concernés. Les visiteurs ne jouent pas un rôle : ils ont un rôle actif. Comme un parc national, c’est une manière d’habiter un lieu, et d’inviter les autres à l’habiter avec vous.

LPO : veille sur la prise en charge des animaux

CPIE et SEPANT : veillent sur la faune et la flore sauvage

Toutes les activités ont un sens actif. L’art n’est pas passif, même s’il porte un message, le spectateur participe directement et activement il interagit avec la création.

Collecte de plumes par ex, compter les pierres, observer les changements d’une randonnée à l’autre dans un carnet personnel, etc. On pourrait laisser les carnets de bords/dessins des gens dans une archive jusqu’à leur prochaine visite. Comme au musée du sketchbook de Brooklyn

De nombreuses histoires entourent Les Galeries.
Certains disent qu’on vient y apprendre un métier.
D’autres prétendent que c’est un musée.
D’autres que c’est un refuge.

Ils ont tous raison.

(on ne dit pas ce qu’il y a dans le bâtiment, car c’est plus le chemin qui compte à l’intérieur que le contenant, mais tout le monde veut déjà y aller)

Parler d’héritage plutôt que patrimoine. Les Galeries est un lieu où on apprend à lire les traces. Les traces des animaux, des anciens chemins, des outils, d’une chanson, dans une planche de bois, dans le paysage. C’est une école du regard.

Toutes les mythologies ont un ennemi, pas un méchant, une force. La force contre laquelle luttent Les Galeries c’est… l’effacement, pas la modernité. L’effacement. Quand un geste disparait, un arbre et oublié, un sentier n’est plus emprunté, qu’un outil ne sert plus. Les Galeries est une réponse à cet effacement, pas nostalgique : active.

Je crois que le lieu ne devrait jamais parler d’innovation. Les arbres pensent en siècles, les pierres en millénaires, les humains en décennies. Les Galeries apprennent à vivre à ce rythme. C’est là qu’on touche au rétro-futurisme, le futur n’est jamais montré, il est supposé. Comme si quelqu’un dans 400 ans, retrouvait notre territoire et disait « Ils savaient des choses que nous avons oublié. » Alors a créé Les Galeries. Pour les réapprendre. Tu comprends ? Le patrimoine cesse d’être derrière nous, il est devant.

Je pense que tout devrait être archivé, mais pas administrativement, poétiquement. Il y aurait des noms comme « le bruit des peupliers au mois d »avril » ou « technique de réparation des manches de bêche / toujours en usage » ou « sentiers oubliés / réactivés par les habitants ». Inventaire des gestes en voie d’apparition. Archives des futurs oubliés. Collection des objets réparés. Cartes des chemins qui n’existent qu’à pied. Relevé n°58 Chants entendus au lever du jour.

Tu peux exposer une chaise… ou le fait que quelqu’un sait la réparer.

Je supprimerais les années. Pour dire par exemple, saison des premières fougères. Le temps est donné par le vivant pas par le calendrier.

Un enfant apprendrait immédiatement de cet univers. Imagine qu’on lui remette ceci : mission trouver aujourd’hui :
– une odeur nouvelle
– une pierre plus vieille que toi
– un outil dont tu ignores le nom
– quelqu’un qui accepte de te montrer un geste
– un endroit où tu voudrais revenir

Ca ne ressemble pas à une chasse au trésor. Mais à une initiation.

Pareil pour les adultes, ils ne veulent plus qu’on leur vendent une expérience, ils veulent appartenir à quelque chose. Pas une communauté…une confrérie de l’attention. On y adhère pas parce qu’on pense pareil, mais parce qu’on décide de regarder autrement.

on se méfie des logos figés. Et si Les Galeries avaient un logo vivant ? Un cairn. A chaque année, une nouvelle pierre est ajoutée. Le logo raconte lui même le temps, comme un arbre qui fait une nouvelle cerne. Cairn.

Il faut un atlas des Galeries. Avec des plans, des coupes de terrain. (voir le livre qui avait cartonné sur Kickstarter où on réinvente le monde Hungry Minds qui a absolument cartonné dans un style plutôt steampunk). Des témoignages des anciens. Des herbiers. Des savoir-faire. Sans hiérarchie. Comme si quelqu’un avait voulu cartographier non pas un répertoire, mais ce qui le rend vivant.

Ce qui est important dans la SF, c’est qu’on ne raconte pas tout. On laisse deviner l’immensité du monde. Il faudrait laisser des indices. Par exemple une porte avec un numéro pris au milieu d’une série, mais on n’a pas la suite. Une affiche « inventaire des vents / révision annuelle » avec des dates inconnues cochées. Est-ce de l’art ? Un inventaire ? On ne sait pas.

Une bibliothèque avec des titres étranges. Objets dont l’usage reste à découvrir. Cartes incomplètes. Hypothèses des chemins disparus. (enquête participative quand on manque d’infos pour la conception de l’univers, peut-être qu’ainsi quelqu’un répondra).

Cette part d’inconnu est essentiel, c’est ce qui fait que le visiteur est un explorateur. Il n’est pas venu consommer une programmation. Je crois que c’est ce que devrais être un lieu culturel, pas un lieu qui donne toutes les réponses, mais qui augmentent la curiosité de ceux qui le traversent.

Point de passage entre les paysages, les savoirs-faire et l’imaginaire. Les Galeries ne sont pas un musée. Elles sont un passage durable dans le temps.

Chambre des cartes, salle des traversées, jardin des détours…

Conférence devient « veillée », balade « exploration »

tampon/pochoir, signalétique forte, coordonnées, pictogrammes scientifiques, coupe géologique (dans l’atlas)

un mélange de visuel tiré des carnets d’expéditions, parc nationals ou cartes GIGN sera encore plus intemporel que la SF

  • le monde commence ici
  • chaque détour raconte une histoire
  • prenez le temps de traversée
  • passage/territoire pour les curieux
  • cultiver les détours
  • les paysages fabriquent les idées

le visiteur ne consulte pas un site, il prépare une expédition

des tampons à collectionner à chaque visite dans un carnet de traversée acheté sur place ou sur helloasso comme une sorte de carte de membership, adhésion à l’asso vous recevez une carte et un carnet avec des sentiers, plantes remarquables, des ateliers à compléter. Au bout d’un certain nombre de tampon, on gagne un goûter, etc. Il peut y avoir un thème par trimestre avec des missions à compléter. Ainsi on vient au moins 1 à 4 x par an, comme un rendez-vous attendu avec une liste d’inscription. Chaque carnet finit par raconter l’histoire de l’explorateur. C’est un passeport. On pourra en exposer certains. Avec une année de délivrance. Année 32 pour les premiers. On reconnaîtra ainsi les plus anciens qui guideront les nouveaux. Un signe de ralliement, d’initiation. Avec un motif différent comme un millésime (comme chez les scouts, comme les maisons de Poudlard) : un cairn, une porte, une rose des vents, un signe astronomique, un item caractéristique de l’Atma.

Le café devient : la halte, le comptoir, le foyer, la cantine. Lui aussi est expérimental. On teste quelque chose de nouveau et le tampon l’atteste.

C’est un lieu qui invite à revenir, ce qui lui donne cette personnalité durable contrairement à une programmation culturelle. Le visiteur est un explorateur.

Les Galeries ce n’est pas un lieu. C’est un passage entre les mondes. Entre l’artisan et l’artiste. La forêt et le village. L’héritage et l’innovation. Entre l’ancien et le futur. Entre ceux qui apprennent, dans les deux sens du terme.

Les Galeries ne sont jamais inaugurées, elles sont redécouvertes. Elles sont là depuis longtemps. Changent d’usage. Voient passer des humains. Les saisons.

Certaines repartent avec un objet. D’autres une idée. Les plus chanceux repartent avec un nouveau regard.

Orée, méridien, azimut, isthme, isobare, levant, septantrion, vigie.

Exemple d’exposition

proposer une médiation ludique en réserves visibles, qui permette d’expliquer la gestion d’archives et de collections !
Présenter les objets de La Martinerie comme de mystérieux artefacts découverts lors des « fouilles de l’ATMA » (ATelier MArtinerie c’était leur marque et ça veut dire souffle en sanskriit) pour qu’il y ait une interaction avec les visiteurs avec toujours des surprises.

L’Atma, comme « l’atlas » devient le nom du monde à explorer avec tous les parcours de randonnées et des points d’intérêts, présentés sur le même niveau pour réapprendre à s’émerveiller : les oiseaux, les odeurs, un bâtiment industriel comme une pierre de l’antiquité romaine. Tout devient un grand terrain archéologique, celui de L’Atma. Le site le plus fructueux étant situé dans le secteur 66 là où se trouvent les vestiges de Hauteclaire.

Mettre en opposition une Sculpture de cuillère de La Martinerie avec un outil paysan oublié par exemple, sur un pied d’égalité avec un cartel d’interprétation, afin de permettre de s’émerveiller autant de l’oeuvre d’art que de la capacité de l’humain à façonner (en bois, en métal…). Si je reprend l’exemple de la cuillère, il peut y avoir une cuillère à pamplemousse en inox années 50, avec sa drôle de forme en scie, et une cuillère à sucre en argent de l’ère victorienne en forme de coquille d’escargot perforée, une cuillère d’un autre pays. Et puis la cuillère de L’Atma, en bois sculpté de lunes et torsades, qui ressemble à ceci et cela mais pour laquelle nous manquons encore de données. En mode « objet mystérieux », est-ce extra terrestre ? Est-ce que ça vient d’une lointaine civilisation ? Avec un rapport de vues en coupes et photos scientifiques très sérieuses 

Dans 2001 Odyssée de l’Espace, les extraterrestres essaient de faire un appartement d’humain et c’est absurde car ils n’ont pas les codes. Un peu comme la cuisine et salle de bain de La Martinerie où tout est sublime mais rien n’est pratique ou standardisé. Je pense que les Galeries peut devenir une initiation pour mieux comprendre les oeuvres de La Martinerie ! Et redécouvrir des objets oubliés des campagnes etc. Les valeurs de La Martinerie de rester curieux et de ne pas se limiter, de voir du beau là où on l’a oublié.

Des expos avec des objets designs pas toujours pratiques, pour confronter les idées des gens sur le quotidien. Mais aussi des thèmes en marge sur des phénomènes atypiques, météorologiques (foudre en boule…). Une façon de répondre aussi à certains mystères pour donner aux gens des réponses et des codes pour interpréter en se posant les bonnes questions et lutter contre le complotisme.

Avec ce concept on peut se démarquer et vraiment faire tourner la boutique

C’est un peu la démarche du ready-made avec Marcel Duchamp, ou ceci n’est pas une pipe

Réserves visibles

Au dessus des réserves des numéros cryptiques au pochoir.

Celle de la salle noire, « CHAMBRE NOIRE 46 » vitrée et dans la demi-pénombre, avec les objets (chaises, coffres, boîtes…).

Celle de la salle blanche « CHAMBRE BLANCHE 38B » pour les tapisseries, entièrement fermée avec la porte qui ressemble à un coffre-fort (ancienne chambre froide des champignons).

Au-dessus de la chambre blanche, les bureaux en mezzanine avec une baie vitrée arrondie type hublot de cockpit années 60-70. Visibles d’en bas par le public, sur tout le mur du fond de la mezzanine, des boîtes d’archives identiques en carton beige. Apparence graphique en plus d’être fonctionnel. Salle de réunion insonorisée.

Hall d’accueil de la salle blanche. Très haut et plafond arrondi. Il ne ressemble pas à un chalet de départ de randonnée ou un office de tourisme. Mais à une base d’expédition archéologique (ou dans les souterrain), avec un râtelier de salopettes cirées-waders suspendu au plafond qu’on descend par une poulie. Un tableau de signalétique vintage à l’entrée sur le règlement de circulation dans l’Atma (pas de feu, pas de déchets…).

Une borne d’accueil et sorte de podium ou 2 fauteuil façon plateau de télé pour les intervenants. Au centre un énorme rond de canapés oranges, qui sont modulaires : pour faire des demi cercles et des plus petits fauteuils individuels avec la partie centrale, pour se positionner en face d’un interlocuteur. Ce grand rond orange est symbolisé sur la carte de l’Atma, c’est lui qui dit « Vous êtes ici ».

On peut louer la carte 20€ moyennant une caution de 10€ (donc le billet entrée unique est à 10€) et la rendre à la fin d’expédition (en bon état) ou bien choisir d’adhérer à l’association pour 50€. On obtient alors en kit de départ la carte et un carnet de bord, type calepin avec un lien. On y remplit des codes récupéré à chaque point visité (et qui changent chaque trimestre), et en fin de visite on obtient des autocollants façon carte de tablette de chocolat vintage avec l’explication du lieu croisé, qu’on peut coller dans le carnet. Des tampons valide des points spécifiques. Au bout d’un certain nombre de points on a un café ou un objet pour poursuivre l’aventure (chapeau, gourde…). Il faut donc être adhérent à l’asso et renouveler chaque année 50€ pour avoir tous ces « goodies » (tampons, café offert…). Il y a une nouvelle « mini expo » chaque saison et des choses changent sur les points de la carte chaque « saison » (3 ou 4 avec des dates différentes de ce qu’on connait). Ainsi les gens sont invités à revenir régulièrement, au moins 3 ou 4 fois par an pour leur expédition de santé (mentale) obligatoire ! Il y a évidemment des rendez-vous « veillées » qui encouragent à revenir avec des conférences, concerts, théâtres, ateliers, conteurs…

Il va falloir retrouver les carnets de scouts qui fonctionnait plus ou moins comme ça avec plein de trucs sympas comme faire des noeuds… tout ce que les gens ne savent plus faire, l’école de la vie lol